NAST MAGAZINE

mars, 2009

Comment vous dire…

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Bon hier, soirée fashion week!
Enfin « soirée fashion week », pas de quoi s’affoler, je n’ai pas bu de « champ » avec Karl Lagerfeld ni taper dans le dos de Kate Moss.
Non, « petite » soirée avec des gens gravitant autour de ce milieu…
Une copine attachée de presse me l’avait proposée il y a quelques temps quand elle avait découvert le blog…
Bon, en la retrouvant, quand elle m’a appelé Sylvie, j’ai eu un doute… Ça a dû se lire sur mon visage puisqu’elle s’est tout de suite ravisée dans un « Oh excuse moi, c’est cette week, je suis claquée! ».
Elle ne se risquera plus de la soirée à prononcer le prénom qu’elle a oublié.
Sophie donc, descend les marches.
Là, ne pas craquer, ne pas se jeter sur son téléphone pour appeler la bonne copine, ma mère ou quelqu’un qui puisse me soutenir dans cette épreuve.
Après tout, j’ai été invité alors de quoi avoir peur, je dois bien avoir ma place dans cette foule!

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Deux trois têtes connues et quelques verres plus tard, on est plus souple sur les talons, je peux commencer à articuler.
Quelques mots, deux trois rires, c’est bon, objectivement je dois m’être fondue dans la masse.
Retour de ma marraine de soirée, celle qui m’a invité il y a deux semaines et qui ne sait plus qui je suis.
« Alors ma chérie, tu as pris ton appareil? ».
Elle me remet. Ben non désolée, je suis en talons, je voulais être une femme comme ça, juste pour voir.
« Oh quel dommage! J’aurais tellement voulu que tu fasses quelques photos de nous! ».
Peut être qu’elle me prend pour la photographe de son mariage en fin de compte?

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Dans Paris

diane

Quand dans mon agenda une ligne disparaît, quand au mot « temps » s’ajoute le mot « libre », quand un rayon de soleil vient conclure un déjeuner, c’est dans les rues de Paris que je disparais naturellement.
Des heures de pavés, perdue sans l’être dans une errance rêveuse, le nez en l’air et les yeux tournés vers l’insolite, le curieux, vers celles et ceux qui filent sur les trottoirs, sortent d’un immeuble ou d’un magasin.

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Dénicher un petit comptoir, tomber sur un jardin et se dire qu’ici, une photo…
Ballade en terre nouvelle, stations de métro dont le nom évoque une rencontre, une discussion et y passer, pour la première fois, à l’abri des autres, dans l’anonymat.
Incognito, curieuse, témoin de scènes improbables pour un retour chez soi, chargé d’images et de visages. Les rues de Paris…

Alternative dînatoire

lolita

Elle m’a répété dix fois qu’il fallait que je vienne, que ça me changerait de mes soirées Apple, et de mes billets quotidiens, que j’allais lâcher mon appareil et mes converses pour une soirée.
Des amis, oui, oui, mais pas les miens… « Mais je serai là, t’inquiète pas, on va rigoler! ».
Moi le St Morêt roulé dans du jambon ça ne me fait pas rire… Heureusement, en arrivant j’ai vu que les choses avaient été bien préparées et en levant les yeux sur l’assistance, j’ai découvert le ton de la soirée.
Des talons, du maquillage, des rires, de la marque, de la sap’ et… moi.
Bon je ne suis pas ridicule, j’ai fait un effort, mais quand même!
Ma robe ne me donne pas assez d’assurance, et je suis encore plus petite que certaines mais qu’importe, prendre sur soi et sourire avec sa copine comme si nous connaissions déja tout le monde.

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Ah, que je n’aime pas ces premiers mots échangés autour du buffet, « alors tu fais quoi? », « et t’en vis? », « faudra que tu me donnes l’adresse! » et autres « moi je suis dans les assurances! ».
Ça me paralyse moi, les « tu fais quoi? », j’ai envie de lâcher mon sushi dans un « j’te demande moi du con quelle ligne tu prends pour aller au boulot? ».
Pardon… Sourions ce n’est qu’une soirée à passer, et au final, c’est vrai, il y a une sympa, un marrant, un qui renverse un verre et l’autre qui rit plus fort que tout l’immeuble…
Je rentre chez moi, tard, et me demande celle que j’ai été ce soir, « la sympa qui ne mangeait pas de saumon », ou « la fille qui fait un blog », « la jolie brune peut-être » ou « la bêcheuse qui n’a pas ouvert la bouche », qui sait? En tout cas, je crois que j’ai ri, en tout cas, j’ai bu.
Mon téléphone vibre, texto. « C’était hyper sympa, on se refait ça très vite, belle nuit à toi ».
C’est vrai, c’était sympa au fond… « Je suis contente d’avoir cédé, c’était cool, bonne nuit beauté! »
Allez, un post et au lit!

PS: Il prend la ligne 11.

Ma montre n’a pas d’aiguilles

charly

Bon, vous le savez, moi je suis soit derrière l’écran, soit derrière l’objectif.
Entre temps, il y a des transports, des déjeuners, parfois un café, une pause, et dans ces moments là, quand je me retrouve immobile, pour prendre une photo ou regarder les gens passer, je les vois.
Les talons!

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Gladiators et autres provocations compensées, comment font elles, pour sortir du métro comme si de rien n’était?
Elles filent droit, ou prennent la pose devant moi et je me dis qu’elle ne doivent pas les voir, mes baskets de fille pressée, qui court dans tout paris pour aller shooter une nouvelle perchée sur 10 cm.
Eh bien non, je n’y arrive pas! Ça se programme les talons, et dans l’agenda il faut que je l’inscrive: rien avant et surtout rien après! On n’enfile pas ces hauteurs sans penser à tout ce qui va se passer. Du coup la poussière, inévitable témoin de mon look de runneuse urbaine, se dépose sur les escarpins me rappelant, quand j’ouvre la porte du dressing, que parfois je pourrais moi aussi défiler au quotidien! Aaarrrggghhh.

Duffle-coa(s)ts

anne-sophie

Une amie m’a dit l’autre jour en tirant sur sa cigarette les yeux fermés, « tu as vu? on croirait entendre la mer, avec ce rayon de soleil en plus…! »
Elle est gentille… Ne fumant pas, je l’ai imitée à moitié en fermant les yeux mais rien à faire, je n’entendais pas la mer, juste le trafic…
« Comment fais tu pour croire à la mer avec ces klaxons?
_ Non mais toutes ces voitures qui passent là, on dirait des vagues… »
Bon en même temps, c’était lundi, c’était le matin, tôt, alors peut être que son week end l’avait vanné et qu’elle refusait un instant de reprendre le boulot…
« On va boire un café?
_ Oui voila, puis après on longera la côte!
_ Oh t’es bête! »

remi

Dans le fond j’aime bien l’hiver et ses gros manteaux, le froid et le ciel gris car j’ai le sentiment qu’on se tourne tous vers autre part à ce moment là.
A chacun son bout de mer, sa côte lointaine, sa campagne verdoyante, loin des écharpes et des doudounes, quand on ne voudra plus rentrer vite chez soi!