Girls, sun, trees and other things

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Prenez de la lumière, un rectangle, une personne et des pierres, des colonnes, de l’herbe, de l’eau, bref un décor et appuyez sur le déclencheur.
Cela pourrait être aussi simple pourtant une photo, c’est un éclat qu’on ne contrôle pas (surtout s’il pleut), un modèle qu’on ne connaît pas forcément (surtout si l’on vient de l’arrêter dans la rue), un décor parfois destroy (« on va attendre que le mec au téléphone sorte de l’arrière plan », « t’es sur pour le graf n–e la police »?)…
Tout cela à peu près maîtrisé, avec une pincée de chance donne parfois un résultat séduisant. 
Et c’est une drôle d’alchimie si l’on finit par juxtaposer à toutes ces conditions le vêtement d’un modèle et sa façon de le porter.

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Il n’y a jamais personne dans ces rues, le soleil frappe toujours au bon coin, la fille est toujours superbe et « oh mon dieu ces bottes »! C’est ce que l’on pourrait se dire en faisant défiler parfois rapidement les clichés si l’on ne savait pas qu’au delà des « tu peux mettre ta main comme ceci? », des « attends, laisse passer la voiture » il n’y avait pas aussi cette dose de magie qui échappe à tout photographe.
Cette intention de l’acteur, ce regard imprévu, cette éclaircie de sens qui va venir envelopper une photo de son charme.
Non tout n’est pas calculé, non tout n’est pas shooté au même endroit, et non on ne leur donne pas toutes rendez vous devant l’objectif.
Il y a des trajectoires, des instants suspendus, des mouvements de grâce et le clic figé d’une beauté qui bientôt ira parader sur les vitrines des blogs ailleurs… Partout où sa force et ce qui s’en dégage ira toucher l’observateur.
Prendre une photo, c’est comme un pari aveugle refermant nos croyances en un hasard heureux, au confluent de tout ce qui nous touche, dans un rectangle un jour, feuilleté par des mains délicates, en quête d’un instant parenthèse avec le charme de ce qu’on voudra bien y trouver.