In & Out

lucie1

Hier dans la rue j’ai croisé une fille.
Corset et armatures en tout genre, cintrée comme un parapluie, la princesse flottait sur des talons, sous un brushing, montrant à qui le voulait son sac à main, offrant à chacun le regard démuni d’une fin de carnaval.

Hier dans la rue j’ai croisé une fille,
courant sans s’arrêter, filant entre les passants, le corps dans des vêtements qui semblaient faire leur possible pour suivre sa course, même si, tout le monde pouvait l’observer, elle les dépassait de loin.

Hier, dans la rue, j’ai croisé des filles,
manche dans la manche et écouteurs en partage, dodelinant dans leurs collants, ballerines sous lunettes de soleil, sans savoir vers où se dirigeait leur jour.

Hier j’ai vu quelqu’un.
Une fille qui ne cherchait rien et qui filait sans le regard des autres.
Loin d’une Pompadour, à des lieux d’une Sévigné, elle semblait jouir de l’époque où désormais pour être élégante, point besoin de se torturer.
Glissée dans un habit à peine étudié, pas la plus noble des étoffes juste un beau vêtement qui irait parfaitement à la marche et produirait sur tout le corps la décontraction de celles qui n’ont plus à se demander si elles sont ce qu’elles voudraient.

Hier dans la rue je n’ai vu qu’une fille qui semblait se porter elle même sous plusieurs épaisseurs, qui avait peut être même oublié que sur sa personne s’étaient superposées des mailles qui d’habitude dissimulent.

Hier j’ai croisé cette personne, et son style, invisible et fidèle. 
Rien de voyant, sans recherche d’effets, une sortie de penderie instinctive et efficace, attirant irrésistiblement une rétine qui imprime pourtant chaque jour des milliers d’allures à la recherche d’une authenticité de choix, d’une singulière façon d’être.
Pas de sequins, pas d’escarpins, soi en quelques pièces choisies en toute résonance.
Pas de génie créatif mais paradoxalement une réelle originalité, une sensation de bien être et sa belle traduction dans une tenue.

Quand corps et vêtement ne font qu’un je me rassure et me dis que certains au moins respirent comme ils l’entendent, marchent sans y penser, sont comme ils s’habillent.