Old fashion school

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Voilà bien longtemps que je n’ai pas tenté de faire comprendre à ma grand mère pourquoi mon jean neuf était déjà délavé.
Encore plus longtemps que je n’ai essayé de faire comprendre pourquoi ce jean délavé avait aussi un trou.
Aujourd’hui je prends en photo certaines qui déambulent collants troués ou lacérés, arborant des T shirts aux couleurs passées…
En y réfléchissant, je me demande ce qui, au delà de la difficulté qu’avait ma grand mère a comprendre l’effet de cette mode, pouvait me faire baisser les bras à l’idée de justifier ma démarche.
Peut être au fond n’arrivais-je pas à trouver d’explication? 
Peut être au fond ne savais-je pas pourquoi le monde s’arrachait ces jeans lui-même?
Peut être qu’au fond je me disais, c’est cool, je suis jeune, c’est relax, laisse tomber maman tu ne peux pas comprendre.

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Pourtant aujourd’hui je continue, je shoote des délavages et autres déchirures, portés par des filles ou des garçons tout ce qu’il y a de plus entiers en apparence, sans faille en surface.
Exposer des déchirures serait-ce avouer quelque chose? Non, c’est tout simplement suivre une tendance, n’élaborons pas de concepts autour de cela.
Il n’empêche que parfois, dans mes pérégrinations, je tombe sur quelqu’un sur qui l’ère inspirée de la skate touch semble ne jamais avoir eu de prise.
Quelqu’un qui porte comme on doit porter, comme il se doit quoi, et j’en ressens beaucoup d’attirance. Pas de trous, rien ne dépasse, ma chérie te voilà prête, tu peux sortir.
N’est ce pas un peu rebelle d’être so classic aujourd’hui?
Souvenez vous les serre-têtes, les gilets et tout ce qu’on nous mettait sur le dos à l’école quand les mannequins se couchaient déjà dans le pétrole, quand les chaussures ont commencé à gagner en hauteur ou en cuir, quand aux leggings de nos mères (que tout le monde porte aujourd’hui) on répondait par un baggy adolescent…
Je l’aime bien moi cette idée du look, vraiment, quel qu’il soit, et d’autant plus quand ce look, ben il n’est pas là pour prendre la pose, pour renvoyer l’image qu’on voit dans un magazine, mais simplement la sienne.
Derrière le bustier pas forcément toujours les mêmes valeurs, derrière le gilet pas forcément les châteaux du bordelais mais dans ce choix en tout cas, une affirmation, franche, personnelle, qu’on pourrait malheureusement qualifier aujourd’hui d’audacieuse.