Parenthèse dorée

Joli moment hier sur les coups de 18h dans le jardin du palais royal (un de mes préférés).
Assise dans une chaise de fer, les pieds sur le promontoire de la fontaine, à regarder le jet d’eau s’élever vers le ciel.
Pure parenthèse, quasi méditative, à se demander laquelle des gouttes iraient le plus haut, à imaginer dans ce jet montant et ses flaques retombant, un costume aux formes aléatoires, sans cesse renouvelées, chahutées par le vent.
Une douce rêverie dans un bruit d’eau linéaire, dans ces volutes royales, sous ce ciel doré.

A mes pieds jeté par terre, un bout de cigare, vestige d’une vie bourgeoise. Des talons sous les arcades, des Louboutin filant vers un dîner, les roues d’une poussette, des boules de pétanque et de longs manteaux violets, sans manches, mais ah, non, je n’ai pas la force. Chère madame, vous étiez parfaite pour Nast mais la fontaine l’emporte, la contemplation aura raison de mon objectif premier. Je ne quitterai pas ma place.
L’appareil au repos sur mes jambes étendues, il faudra rentrer à un moment ou à un autre, quand le vent me fera céder la place.
Je te promets goutte d’eau de revenir aussi souvent que possible scruter ta course vers le ciel, laissant de côté tous les « faut que j’y aille… » et autres « je suis super speed ».
Paris, Paris, et ses écrins de calme au cœur de l’histoire, entre les rangées d’arbres et derrière les dorures, du style sur castine, une fin d’après midi et une fontaine, entre parenthèses.

