Eloge de la fuite

La lumière s’ouvre parfois en un endroit comme nulle part ailleurs.
Dans l’eau, du vent, il y a cette année qui se termine dans l’été qui nous allège et nous réchauffe, comme pour nous rassurer, non, il ne nous abandonnera pas. Il y aura encore des orages, des automnes et bien pire, du froid, des laines et des obstacles mais toujours après, invariablement, comme les cigales sortent mystérieusement de terre le 13 juin en cet endroit, il y aura toujours un temps pour se retrouver soi, à l’abri, dans la lumière.
Et curieusement après les courses de cette année, après le gel aux Tuileries, la neige de la Place des Vosges, le doute et la peur de se réveiller sur des jours de nuit, après avoir superposé les épaisseurs, juré qu’il fallait mettre de la couleur, pensé qu’il nous fallait absolument ces talons, on arrive dans cette lumière avec l’envie de laisser tout derrière soi.
Comme si elle revenait d’un lieu de vérité nous dire que depuis qu’on s’abîme, depuis ce froid, depuis Paris, depuis la pluie, depuis les latte nous, n’attendions au fond que cette pause pour se retrouver.
Comme si, dans nos traits de crayon, dans nos rendez vous, nos Ipod et sur la 1, on ne faisait que crier en soi, « qu’il me tarde de sortir de ça ». Qu’il nous tarde de pouvoir enfin choisir de partir, d’être seule, un peu, comme on le veut, pour regarder en face ce temps qui n’était pas à la pause.

Cette lumière d’eau, finissant, partant derrière une ligne pour nous assurer de son retour nous dit dans son bonsoir qu’il était temps qu’on la regarde enfin. Pas pour ce qu’elle est mais pour nous. Pour un instant respirer un peu de ce qui compte, un peu de ce qu’on emportera toujours, un peu de ce vent, un peu de cette mer, un peu de ces visages qu’on a croisés rapidement dans la course, un peu de ceux qui nous attendent quand reprendra la danse…
Car elle reprendra, et c’est cela qui nous fait tant apprécier la parenthèse dorée qui s’offre à nous, quand on oublie de se demander ce qu’il faut qu’on porte mais qu’on s’interroge sur l’ailleurs où il faut qu’on parte.
Quelque part où « téléphone » n’est qu’un mot de scrabble, où les jours commencent sans nous attendre et nous accueillent sans ironie, sans culpabilité, où cette lumière encore nous prend dès le lever dans sa bienveillance pour nous déposer à la fin d’un jour dans les rayons de la nuit.Â
Chaque jour finissant en imprime sur l’iris un de moins au compteur de notre ailleurs, et l’idée qu’il faudra bien rentrer vient souligner, à mesure que le temps passe, l’or de ces temps.
Il fallait partir, être là ou en tout cas, quelque part en dehors de tout pour s’entendre enfin.
Comments
you take lovely photographs! this is such a wonderful blog
Que de souvenirs et surtout que d’attentes dans ces belles photos! Et quelle envie de savourer la belle parenthèse qui s’ouvre devant nous. Plus que quelques jours…..!
Changeons de rythme, profitons de tout, osons toucher le bonheur simplement en contemplant la lumière!
Bonne journée. Et merci pour ce post.
Trop jolie ……tout simplement
Alala… tout ca me donne envie de partir loin, très loin, en vacances.
on se repose déjà à lire et voir ça …
Italie ?
Très belles photos qui me font rêver =) J’ai vraiment trop hâte de partir en vacances maintenant!
Merci de nous rendre encore une fois le sourire =)
niki, thank you so much! Very Nice…
Chrys, oui c’est exactement ça, ces petits moments de bonheur que l’on voudrait toujours faire arriver plus tôt ou prolonger encore un peu plus.
beetlefraise, merci, c’est vraiment agréable de se ressourcer au bord de la mer, quel privilège tu as de la voir toute l’année ;-)
Roxane, et en ce qui me concerne ça ne me donne surtout pas envie de rentrer !!
Sophir, je suis contente si j’arrive à communiquer un peu de ce que je ressens au travers de ces photos…
Et non, ça n’est pas l’Italie pourtant très chère à mon coeur, je lui fais donc quelques infidélités pour un petit coin de bonheur dans les calanques du Sud de la France.
Maria D, contente de te donner le sourire, aussi je me rends compte que je vais rentrer lorsque tout le monde partira en vacances à son tour ;-) Le mois d’août à Paris va être difficile…
Hyper photogénique la Sophie !
Elle devrait se prendre plus souvent en photo !
xx
Wow..absolutely beautiful.
« Où le mot « téléphone n’est qu’un mot scrabble »…
ah, le paradis. =)
J’adore les photos. Elles évoquent bien le commencement de l’été.
Wahou, tes photos sont vraiment magnifiques, et puis avec ce texte qui les accompagne, ça laisse rêveur :) Merci pour ce petit moment d’évasion !!
Très (trop) beau !
Reviens nous vite quand même hein !
how beautiful
xx
the crumpet girls
Très belle lumière et très belles photos !!! La première en particulier dégage une telle sensation de sérennité … Bravo ;o)
évasion
Quel très joli texte Sophie,et les photographies l’illustrent tellement bien. « Etre en dehors de tout pour s’entendre enfin », c’est exactement ça…
Très belles vacances méditerranéennes!
Les mots se font l’écho des photos… Belles lignes, vraiment! Que cette merveilleuse harmonie se poursuive à ton retour, voilà un peu de ce que je te souhaite.
A très bientôt
J’apporte un commentaire vraiment essentiel là en te disant que les photos sont tops ?