NAST

Photography by Sophie Arancio

janvier, 2010

Ce que l’on sème

lia

Figurez vous que demain je quitte notre pays…
Pour certains c’est anodin, pour certains ce n’est pas le moment, pour d’autres cela rîme avec vacances, pour d’autres encore on parlera de déplacement…
Je pars bien pour travailler, mais la destination me laisse perplexe.
Partir travailler, pourquoi pas, mais disons que dans l’esprit, “travail” s’accorde plus facilement avec le rythme des villes, avec le matin dans les bruits d’un monde qui part au boulot, avec les soirs cernés dans un taxi, un dîner pour profiter et la découverte des nuits malgré toutes ces heures mais qu’importe “puisqu’on est là et qu’on rentre demain”.
Sauf que là, on m’annonçait récemment que c’était ok, que je partais avec l’équipe, que billets et chambre d’hôtel étaient réservées, et que l’eau était à 26°C.
Oui voilà, il faut croire que certains partent bosser à l’Ile Maurice… Comme certains autres partent sûrement en vacances dans une mine de sel… Bien sur…

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N’empêche que je n’arrive pas à me dire que c’est génial, comme je l’entends autour de moi…
Malgré toutes les images de vacances que beaucoup semblent avoir dans la tête, la carte postale d’agences de voyages, cocotier sable blanc compris m’a toujours laissé quelque peu indifférente.
Dans le fond, j’imagine sûrement que ça n’existe pas et je serai peut être enthousiaste une fois sur place, mais je suis toujours un peu démunie devant le récit des gens qui vantent les fonds marins, les cocktails et le coucher de soleil qu’ils ont vu alors qu’ils étaient “encore en maillot en Février, tu te rends compte en Février!!!
_Oui, oui…”

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Enfin je me dis qu’il n’y a rien là bas, rien qui m’attend, rien qui m’accrochera, un banc de sable à peine plus haut que les autres sur lequel se frotte de gros ventres rouges huilés imbibés de mojitos.
Tout comme peut être y découvrirai-je une âme, un esprit? J’arriverai peut être à regarder la mer comme on regarde un puits, pour en revenir avec plus de sel dans les yeux, plus de distance, plus de silences en points, peut être en reviendrai-je avec ces mots dans le regard… T’as raison, gémir n’est pas de mise, je m’en vais voir comme l’alizé se brise!

That’s all girls

Le rideau tombe, on plie les toiles.
La fin du projet me renvoie à toutes celles qui ont bien voulu donner leur traits, merci à toutes les filles qui malgré le froid d’une fin d’année ont pris la pose d’une parisienne.
Générique de fin réalisé par Julie qui s’empare de Nast et le lui rend si joliment.
Enfin après cette édition du salon, j’emporte la finesse des liens que j’Aime, les ornements de MelleSan et trottine vers un prochain post sur les hauteurs d’Alessandra Stella.

Sur exposition

annlyse

” _ Excusez moi vous auriez deux minutes pour une interview…
_ Une quoi?”
Je replace le décor, ça défile encore au salon jusqu’à mardi et il y passe toute sorte de personnes comme euh… les journalistes.
” _ J’ai crée mon blog pour euh…Attendez on la refait.”
“_ Alors vous vous faites appeler NAST?
_ Non, NAST c’est le nom de mon blog, moi c’est Sophie.
_ Et les parisiennes alors vous les connaissez par coeur j’imagine?
_ Ah non, enfin si…Pffff”

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Bon je caricature un peu.
Pas facile de devoir répondre d’une démarche.
Je pense à tous ceux à qui le geste échappe parfois, les artistes, qui sans le vouloir laisse toujours dans leurs oeuvres une part de signifiant qu’ils ne maîtrisent pas.
Heureusement là il ne s’agit pas d’art, alors le signifiant on le trouve plus facilement.
N’empêche que c’est une drôle d’expérience, celle de se confronter à son travail en s’en sentant tout de même un peu dépossédée… Curieux de voir les gens se prendre en photo devant ses photos…
J’imagine difficilement le quotidien de celles et ceux qui voient leurs looks ou leurs oeuvres exposés et qui tombent au hasard d’une rue sur leur tête en 4×3 ou voient dans toute une ville placardée la photo qu’ils ont prise…
On n’en est pas encore là, néanmoins ce passage au salon souligne la question de représentation (bon la mode n’est pas non plus le temple de la confidentialité), penser aux filles qui se voient ainsi projetées aux yeux du public et à la question de l’image de soi qui nous échappe d’autant plus facilement qu’elle est exposée…
Restons derrière l’objectif, et jouons la comme Beckett, “Pourquoi écrivez vous? Parce que je ne suis bon qu’à ça”…

Grands modèles

créateur Etienne Jeanson

créateur Etienne Jeanson

Jusqu’à mardi dans cet étrange endroit qu’est le salon de la porte de versailles où vous croisez des gens en voiturette de golf, des fashionistas, des touristes avec enfants qui cherchent disneyland, se tient en fait le salon du prêt à porter
En mode 2.0 on y fait notamment le point sur la parisienne et comme je vous l’avais dit il y a quelques temps, ma mission pour l’occasion était de la shooter, la parisienne
D’un autre côté pour être sur de ne pas la laisser échapper, les organisateurs ont aussi fait appel à Alix et Eleonore… Trois bloggeuses pour cerner le spécimen!!!

créateur Etienne Jeanson

créateur Etienne Jeanson

J’ai découvert aujourd’hui in situ le fruit de cette collaboration, en ce qui me concerne des agrandissements de mes photos…
Agrandissement oui, genre 6 mètres par 3…
OU-AH!
“Bonjour je viens pour un agrandissement.
- Oui ma ptite dame format poster, A4?
- Non, 6 mètres sur 3…”
Un peu de mal à faire le rapprochement entre ces modèles trois fois plus grandes que moi et les filles que j’ai prises en photo pour l’occasion, celles là même que j’ai re-croisées le soir sur mon ordinateur, celles là encore que j’allais récemment présenter en agence pour l’événement, et bien celles là qui sont devenus, ben comme prévu, immenses, j’veux dire pour des femmes quoi…

Du coup je pense à toutes les filles qui ont participé à ce projet, et je regarde les gens qui se prennent en photo devant leurs portraits courant du sol au plafond…
A côté le son monte et c’est le départ d’un défilé, pas mal comme emplacement, du côté de l’ambiance, un ptit coup d’oeil vers mes géantes et les mannequins arrivent en podium. Attends mais elles sont minuscules!

Corps et âmes

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Un vêtement ça marque, une coupe de cheveux ça se voit, un look dans son ensemble ça peut faire une photo. Et ainsi les images de mode superposent des Kate, des Natalia et les marques créent des égéries, en dépendent puis les remplacent…
On a tous en tête l’image de la fille qui pose, cet archétype qui nous a fait un jour entendre, alors que feuilletant un album de vacances on découvre la page où pose une cousine, le “franchement elle pourrait être mannequin”. On ne dit pas ça parce qu’elle est belle, non, on dit ça parce que sur cette photo sa pose, la lumière, le cadre et ses traits nous rappellent vaguement les 150 publicités qu’on a croisées la veille.
Mais si certaines marques font appel aux clichés, d’autres vont chercher ailleurs leur incarnation.

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C’est vrai, y a aussi Lou! Ou quand le physique, au delà de sa relative beauté revêt autre chose, l’aura d’une personnalité, le tempérament d’une gueule.
Une photo de mode, ce n’est pas qu’une fille jolie et de beaux vêtements…
Pas une questions de mains, de croisement de jambes, de regards, non, un peu plus.
Quelque chose qui quand vous l’avez dans le viseur vous fait penser soudainement au fait que vous n’arriverez peut être pas à rendre tout ce qu’elle vous inspire.

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Au delà des pages glacées il existe parfois une certaine forme de relief, ce truc qui nous fait dire “ouah” sans qu’on sache pourquoi…