Ce que l’on sème

Figurez vous que demain je quitte notre pays…
Pour certains c’est anodin, pour certains ce n’est pas le moment, pour d’autres cela rîme avec vacances, pour d’autres encore on parlera de déplacement…
Je pars bien pour travailler, mais la destination me laisse perplexe.
Partir travailler, pourquoi pas, mais disons que dans l’esprit, “travail” s’accorde plus facilement avec le rythme des villes, avec le matin dans les bruits d’un monde qui part au boulot, avec les soirs cernés dans un taxi, un dîner pour profiter et la découverte des nuits malgré toutes ces heures mais qu’importe “puisqu’on est là et qu’on rentre demain”.
Sauf que là, on m’annonçait récemment que c’était ok, que je partais avec l’équipe, que billets et chambre d’hôtel étaient réservées, et que l’eau était à 26°C.
Oui voilà, il faut croire que certains partent bosser à l’Ile Maurice… Comme certains autres partent sûrement en vacances dans une mine de sel… Bien sur…

N’empêche que je n’arrive pas à me dire que c’est génial, comme je l’entends autour de moi…
Malgré toutes les images de vacances que beaucoup semblent avoir dans la tête, la carte postale d’agences de voyages, cocotier sable blanc compris m’a toujours laissé quelque peu indifférente.
Dans le fond, j’imagine sûrement que ça n’existe pas et je serai peut être enthousiaste une fois sur place, mais je suis toujours un peu démunie devant le récit des gens qui vantent les fonds marins, les cocktails et le coucher de soleil qu’ils ont vu alors qu’ils étaient “encore en maillot en Février, tu te rends compte en Février!!!
_Oui, oui…”

Enfin je me dis qu’il n’y a rien là bas, rien qui m’attend, rien qui m’accrochera, un banc de sable à peine plus haut que les autres sur lequel se frotte de gros ventres rouges huilés imbibés de mojitos.
Tout comme peut être y découvrirai-je une âme, un esprit? J’arriverai peut être à regarder la mer comme on regarde un puits, pour en revenir avec plus de sel dans les yeux, plus de distance, plus de silences en points, peut être en reviendrai-je avec ces mots dans le regard… T’as raison, gémir n’est pas de mise, je m’en vais voir comme l’alizé se brise!






