NAST

janvier, 2010

Corps et âmes

olivia

Un vêtement ça marque, une coupe de cheveux ça se voit, un look dans son ensemble ça peut faire une photo. Et ainsi les images de mode superposent des Kate, des Natalia et les marques créent des égéries, en dépendent puis les remplacent…
On a tous en tête l’image de la fille qui pose, cet archétype qui nous a fait un jour entendre, alors que feuilletant un album de vacances on découvre la page où pose une cousine, le « franchement elle pourrait être mannequin ». On ne dit pas ça parce qu’elle est belle, non, on dit ça parce que sur cette photo sa pose, la lumière, le cadre et ses traits nous rappellent vaguement les 150 publicités qu’on a croisées la veille.
Mais si certaines marques font appel aux clichés, d’autres vont chercher ailleurs leur incarnation.

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C’est vrai, y a aussi Lou! Ou quand le physique, au delà de sa relative beauté revêt autre chose, l’aura d’une personnalité, le tempérament d’une gueule.
Une photo de mode, ce n’est pas qu’une fille jolie et de beaux vêtements…
Pas une questions de mains, de croisement de jambes, de regards, non, un peu plus.
Quelque chose qui quand vous l’avez dans le viseur vous fait penser soudainement au fait que vous n’arriverez peut être pas à rendre tout ce qu’elle vous inspire.

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Au delà des pages glacées il existe parfois une certaine forme de relief, ce truc qui nous fait dire « ouah » sans qu’on sache pourquoi…

Uniformes

lina

C’est sûrement en faisant le marché, sûrement dans la file d’attente du primeur, sûrement derrière un blouson de ski rouge, qui était devant une polaire, qui attendait qu’un blouson beige matelassé duquel pendaient deux cordons élimés prenne le sac que lui tendait le marchand, que je me suis dit « c’est bizarre à Paris, les gens se sappent davantage »… Oui, je fais le marché en province parfois… A croire donc qu’à l’abri des regards de ceux qui vivent dans la tendance, il existe une forme de laisser aller, et du coup je me demande ce qui peut bien faire que toute une ville, un pays, se mettent à courir après des ballerines, des hugs, des vestes cloutées et j’en passe… La tendance!

lina

Et dans le fond, « non je vais juste prendre euh…j’avais pas fait une liste moi? », bref, dans le fond « bon laissez, je repasserai », dans le fond je crois que j’ai un problème avec les tendances. Certaines vagues de la mode me séduisent mais toujours, dans ce courant, je ne peux m’empêcher de penser que sur toutes les paires de bottines qui sont vendues, l’effet de mode joue parfois plus que le goût de celle qui fait son code. En fait, peut être que ce Michel en polaire, je suis sûre qu’il s’appelle Michel, il est plus dans le vrai, au moins sa polaire elle le protège du froid et il sait donc pourquoi il l’a achetée… Je suis certaine que ça vous l’a déjà fait: vous êtes contente d’acheter une pièce et au moment de l’emporter, vous êtes excitée de la posséder enfin mais au fond de vous une petit part de votre conscience vous dit que c’est aussi parce « qu’il faut » porter ça en ce moment que vous repartez avec.
C’est quand même louche non une ville qui se ballade en Chloé, parle d’Isabel Marant comme d’une cousine sympa et de Jérome Dreyfuss comme si c’était le mec qu’on invite aux soirées? Hein, tout de même? Non moi je dis qu’il faudrait qu’il y ait un peu plus de personnalité dans tout cela, que les créateurs ne manquent pas, et que les vêtements c’est toujours une bonne façon de montrer ce que l’on est… Regardez moi je suis super discrète, donc j’ai une bonne dose de basiques et je ne crois qu’aux valeurs sures de la mode (bon facile d’utiliser la discrétion pour jouer la fille qui ne prend aucun risque avec sa garde robe…). N’empêche qu’au lieu de tout pareil, j’aimerais voir un peu de tout, tout court… Plus de tendance trop affirmée, juste du goût, plus de goûts! Bon ça n’excuse en rien Michel qui aurait pu choisir caban ou dufflecoat et oh! j’ai retrouvé ma liste, monsieur!

Pendant ce temps là, aux Marquises…

celine

Vous connaissez celui qui a déjà fait (il dit « fait » hein), donc celui qui a déjà fait la Bolivie, enlève une mèche de ses yeux, le Chili, le Kenya…
Vous connaissez le couple qui a décidé de partir vivre en Argentine pour monter un affaire de location de voiliers pour les touristes, « hein chouchou, et puis si ça marche pas, on reviendra! ».

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Et vous connaissez bien sûr votre bonne copine, avec qui vous échangez un regard quand le gars revient en disant « c’était énorme, trop de rencontres, trop de générosité, quand tu reviens ici, t’hallucines! Mais dans quel pays on vit!!!??? ».
A ces mots, dans votre tête deux possibilités, soit vous êtes total raccord et vous foncez chez Decath vous acheter une paire de pompes pour le trek qu’il repart faire au cambodge… Allez, laissez moi votre Iphone, vous seriez ridicule avec là bas!
Soit vous pensez à votre canapé, à la dernière série qui passe ce soir ou à ce livre sur la table de chevet dont tout le monde vous parle depuis des lustres et dont vous retardez l’ouverture sachant déjà que son histoire s’imprimera en vous à vie.

celine3

Une étude a été réalisée et sur la totalité des lectrices et lecteurs de ce post, et en période de froid, comme en ce moment, seuls 4% partiraient pour le Cambodge!
Alors vous comprenez quand après une journée de marche dans Paris, l’idée de mon bain devient alors la meilleure des destinations, mon dernier roman, le meilleur des panoramas, et au fond d’une poche, l’idée d’un vrai voyage, ailleurs, une envie secrète…

Les parisiennes passent au salon !

Paris et ses habitants soulèvent depuis toujours une bonne dose de fantasmes et de clichés. C’est justement à propos des parisiennes qu’on m’a demandé de travailler pour le salon du prêt porter qui arrive bientôt… Pas facile comme exercice, parce que des clichés on en a tous, et même encore quand on y vit depuis des années!

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