Sur exposition

annlyse

 » _ Excusez moi vous auriez deux minutes pour une interview…
_ Une quoi? »
Je replace le décor, ça défile encore au salon jusqu’à mardi et il y passe toute sorte de personnes comme euh… les journalistes.
 » _ J’ai crée mon blog pour euh…Attendez on la refait. »
« _ Alors vous vous faites appeler NAST?
_ Non, NAST c’est le nom de mon blog, moi c’est Sophie.
_ Et les parisiennes alors vous les connaissez par coeur j’imagine?
_ Ah non, enfin si…Pffff »

annlyse2

Bon je caricature un peu.
Pas facile de devoir répondre d’une démarche.
Je pense à tous ceux à qui le geste échappe parfois, les artistes, qui sans le vouloir laisse toujours dans leurs oeuvres une part de signifiant qu’ils ne maîtrisent pas.
Heureusement là il ne s’agit pas d’art, alors le signifiant on le trouve plus facilement.
N’empêche que c’est une drôle d’expérience, celle de se confronter à son travail en s’en sentant tout de même un peu dépossédée… Curieux de voir les gens se prendre en photo devant ses photos…
J’imagine difficilement le quotidien de celles et ceux qui voient leurs looks ou leurs oeuvres exposés et qui tombent au hasard d’une rue sur leur tête en 4×3 ou voient dans toute une ville placardée la photo qu’ils ont prise…
On n’en est pas encore là, néanmoins ce passage au salon souligne la question de représentation (bon la mode n’est pas non plus le temple de la confidentialité), penser aux filles qui se voient ainsi projetées aux yeux du public et à la question de l’image de soi qui nous échappe d’autant plus facilement qu’elle est exposée…
Restons derrière l’objectif, et jouons la comme Beckett, « Pourquoi écrivez vous? Parce que je ne suis bon qu’à ça »…