Style Boyish

Y a des choses comme ça qui vous tournent autour sans que vous sachiez d’abord les nommer. Vous l’avez sur le bout de la langue, ou dans l’esprit sans pouvoir les dessiner. Vous entendez cette même tonalité se répéter sans y prendre garde au fond et pourtant, lentement, elle s’inscrit puis apparaît enfin devant vous: une tendance est née.
Avec l’expérience, dans les frémissements des pages, vous la repérez de plus en plus tôt, avec l’expérience (et l’âge malheureusement) vous les voyez venir et ne le suivez pas toutes, et comme tout le monde, vous finissez par en adopter certaines, un temps après leur révélation. Rares sont ceux qui peuvent se targuer d’être précurseurs, mais parfois vous avez le sentiment d’avoir vu venir le vent et cette tendance. Alors ce style, vous vous l’appropriez.
Comme un écrivain trouve parfois les mots à votre place, un style qui vient à faire la une nous délivre parfois d’une intuition que nous ne savions formuler. Le mot se dresse alors, comme un étendard.
« Boyish » en l’occurence, et même si je n’aime pas le mot, il a le mérite de décrire un style qui lui, me va tout à fait.
J’ai toujours aimé les silhouettes féminines qui jouent avec les codes de l’autre gent. Je m’habille ainsi, j’aime emprunter, et force est de constater que ce qui m’inspire est souvent d’un genre médian…
Plaisir de le voir mis en forme avec goût chez certaines ou dans les editos de mag que j’aime comme l’ACNE PAPER que j’achète toujours avec un plaisir si personnel qu’il me le rend bien.
Fran Lebowitz l’auteure qui fait la couverture du dernier numéro incarne à merveille le style boyish. Un physique qu’on dit facilement ingrat et qui pourtant renvoie avec force le caractère de son personnage. Toujours encostumée, celle-ci se signe dans des tailleurs d’hommes made in Savile Row qui posent là son style inimitable.
Toutes les filles peuvent-elles ainsi forcer le trait masculin d’une garde robe? Faut-il avoir une gueule pour oser une salopette ou un blazer rayé? La réponse, on la connaît depuis longtemps: fillette renforce sa grâce sous les lignes de Monsieur, grande gueule, plus grand charisme, sous la coupe d’un tailleur pour hommes.
Il est parfois des tendances qui s’inscrivent dans le vent, chassées avant même la prochaine saison. D’autres dans lesquelles on se jette avec la certitude qu’elles ne feront qu’un temps. Mais parfois, notre personnalité semble trouver une allure sur laquelle se poser.
On ne lira plus « boyish » chaque jour d’ici quelques mois mais le style aura une longue vie, dans ma garde robe en tout cas, définitivement.

J’adore ce magazine et la marque aussi même si c’est encore un peu cher pour moi.
Les femmes empruntent les codes de la garde robe masculine depuis toujours, je ne comprends pas pourquoi les magazines féminins nous le mettent à toutes les sauces en ce moment, comme si on venait de créer quelque chose de nouveau!