Portrait

Lisa

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C’est une femme. Mais jusqu’au bout des ongles. Jusque dans ce qui l’enveloppe, même au delà, ça irradie. 
Après Dior et ses parfums, après des bars de bouts de monde, après des mers et pas mal de frontières, Lisa crée Cancan.

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De l’esprit de la dame, de l’esprit du coin, on trouve maintenant l’expression derrière une vitrine du 9ème.
Je vous en avais déjà montré un peu, ici et , et comme une évidence j’ai pensé que je ne pouvais pas parler de Cancan sans vous parler de la patronne!

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Rock en souterrain mais féminin dans la dentelle, ici ça swingue ou ça guinche, à vous de voir. 
Chez Cancan, la femme n’est pas en proie aux hauts de forme, elle mène la danse et donne à son allure le ptit plus que le goût de Lisa elle, donne à ses collections.
A la porte, dans le magasin pour discuter, pour conseiller aussi, quand même il y a donc Lisa, une rencontre. 

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Un concentré pétillant marquée profondément, de tout un tas de choses, Lisa a adoré, sûrement redouté, elle s’est mise à courir probablement une ou deux fois sans écouter la raison, elle a un œil partout, bref, elle est bien vivante!
Consentante envers les influences, regard toujours vigilant néanmoins. 
Des vêtements? Parce qu’il faut bien se couvrir dit elle…

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Mais pas n’importe lesquels, vous l’aurez compris, Lisa regarde en coin les finitions et les trucs en plus…
Pas non plus de fanfreluches mais tout de même on est pas loin de Pigalle et ça colle plutôt bien à l’âme ultra colorée de la miss… Pas peur des résilles, ni des néons pour installer son écrin, il y a même un peu de souffre derrière les idées chez Cancan. Hot sur les bords, mais dans un ensemble de fille, bien comme il faut.
Pièces rares et abordables, on aimerait entendre souvent ce genre de choses et c’est ce qu’on peut dire de Cancan.

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Les yeux fermés je vous dis, la maîtresse des lieux fait chaque jour le tour du web pour observer la tendance, la suivre d’un œil et proposer autre chose… Juste trouver le goût de son enseigne dans ce qui se fait de mieux…
Ça ne ressemble à rien, ça se danse entre filles… C’est Cancan.

Marie-Jo

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Marie Jo pointe un accent curieusement chantant à la fin de ses phrases.
Ajouté à son sourire, cela donne l’image pétillante d’une canadienne importée qui croque Paris à pleine dent.
Des couleurs acidulées, de la douceur, un thé et de la bonne humeur.
Marie Jo est encore là pour quelques temps, alors profitons de ces rayons avant que l’été, le vrai, vienne lui aussi nous rendre visite!

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Lisa

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Tout dépend du moment, sans but précis, quelque chose d’éphémère, ce sont des mots qu’on retrouve sur la voix de Lisa.
Je l’avais croisé dans une rue, en une fin d’après midi, comme une surprise sur le chemin du retour chez soi, sans une photo ni un espoir, mais ce jour là, Lisa!

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Apparition tout droit sortie d’un film italien, figure Fellinienne ou diva aux éléphants, Lisa porte tout, ce qui lui plaît.
Et ce qu’elle aime vous le voyez, c’est ce qui résonne dans la première partie du vingtième siècle. Lisa, c’est le vêtement comme si le monde avait suivi son cours… 

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Elle parle de Belle Epoque, ce qu’on dit pour se rappeler le bon temps d’avant la guerre et ce n’est pas un hasard. La sortie des conflits mondiaux et la révolution post 60’s n’ont pas fait de cadeau à la garde robe des papas et mamans de l’époque…
Envie d’aller de l’avant dans ces époques, plus tolérée cette robe qu’on mettait “avant que”, “du temps où” ! Non, il faut alors reconstruire, raccourcir une jupe et s’affranchir de l’oppression parfois dévorante de l’apparence pour les femmes, conquérir l’égalité, le droit de souffler peut être simplement. Lisa elle, semble vouloir nous faire revivre cette époque où composer avec soin sa tenue pour sortir de chez soi prenait un peu de temps mais représentait le minimum, pour une femme et après tout, dans un sens, un jeu plutôt amusant. 

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La mode, après chacun des grands conflits du siècle passé, a pris un sacré coup de jeune ont dit certains. On passait de l’immobilisme à la fraîcheur de la créativité, on osait alors, un vent de folie soufflait sur ce qui y croyait, à savoir tout le monde.
Aujourd’hui on semble avoir oublié ces tenues qui rime par erreur avec Dimanche, ces accessoires au reflets surannés, ces voiles ou ces chapeaux mais qu’avons nous gagné? 

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Un peu plus de temps? Ce après quoi les vingt dernières années ont toutes couru… Le droit de descendre dans la rue sans se soucier de ce que pensera la voisine, ou le fait de pouvoir porter déchiré, délavé? De piquer les pantalons de notre ancien mari à moustaches devenus boyfriend barbu de près? Et si dans cet élan a vouloir oublier que ça a pété et penser à l’avenir on n’avait pas laissé en chemin quelques trucs? Est-ce qu’en 1920 Mamie t’a pas voulu faire ta jeune et passer à autre chose un peu vite? Est ce qu’en 1950 t’as voulu sortir maman? Et est-ce qu’en 70 t’as voulu des jeans pour courir plus vite loin des parents?

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Heureusement, Lisa elle, a remonté sereinement au milieu des gaz lacrymo le fil du temps pour ramasser une broche. 
Comme une gravure, un brin romantique, Baudelairienne installée dans le New York des années 20, Lisa a pris un peu de cette mélancolie que seule atténue la beauté des choses, semble s’être enveloppée dans ces lignes de Virginia Woolf, sombres et lumineuses, au plus près de ce qu’un vêtement peut faire d’une femme.

Tatiana

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En général, slim et Way Farer, American Apparel et Spring Court, me revoient tout de suite au lycée, avec dans l’idée que lorsque cette mode sera à nouveau passée, notre jeunesse loockée jettera ses bracelets fluos.

Mais parfois, autour des fringues existe un univers et au-delà des clichés, un look 80’s trouve sur une personne sa place avec un naturel évident.

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Au coeur du 11ème, après avoir traversé une cour pavée remplie de verdure en pots, j’ai rejoint Tatiana pour m’installer sur son canapé.
Non Tatiana n’est pas psy, elle chante dans un groupe. Directe, elle s’intéresse aux autres et aime savoir ce qui les anime au quotidien.

Tasse de thé noir et cookies maison, j’avoue m’être facilement laissée aller à la discussion.

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Tout de suite très dense comme rencontre, mais à mesure que je la découvrais, la lumière elle, se faisait la malle, donc au détour d’une confidence, il a fallu faire vite.

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Entre deux clichés, des traits d’elle comme ça, des flashs de cette rencontre qui revenaient en la voyant prendre la pose.

Des polaroids collés au mur, par dizaine, tout un tas de petits “moi” récupérés de-ci delà, son visage, nature, des bandeaux pour ses cheveux et des robes, toujours vintage.

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Un air de guitare et un vent “outre-atlantique” pour cette chanteuse aux millions de disques, non pas encore, de chaussures, en tout cas.

Bye Bye Boston donc! Plus fraîche que Ben & Jerry’s, cette enfant folk respire au coeur de son groupe, une jeunesse spontanée et inspirée qui donne envie de l’écouter.