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GLAMOUR mars 2010 n°72

GLAMOUR n°72 mars 2010

L’impossibilité d’une île

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Partir sur un bout de terre, de l’eau et des nuages courant sur la ligne d’horizon.
Partir ailleurs tout simplement pour toujours, en ce qui me concerne, regarder davantage d’où je viens et où je reviendrai.
Voir en somme comme on nous parle, là bas.
Y a-t-il ce sous ce tropique plus de sourire et de bienveillance?
Où est Paris quand sur la plage en T shirt à 22 heures on boit une bière sans penser davantage.
Où sont ces contraintes, quand en voyage, on ne songe qu’au goût des choses?
Partir c’est rompre une course qui, plus on la reproduit plus on la vide de sa saveur.
C’est tout accueillir comme une nouveauté, et constater que chez soi, on ne songe pas assez à ce que nous sommes, ce qui nous entoure, ce que l’on y fait.

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Aller là bas c’est revenir résolument attentive, le plus longtemps possible pour retrouver ses jours, leur rythme, leurs visages, avec l’envie d’en faire aussi une découverte.
Une île c’est comme un bilan impossible, une soudaine abstraction sur fond de sable blanc, une pause battue par le vent chaud.
L’île ce n’est pas se laisser derrière soi et être libre, c’est disparaître, regarder au fond de l’eau ce qui depuis la dernière escale a modelé notre corps, notre démarche, notre silhouette. Une île c’est voir dans le lointain ceux à qui l’on tient, ce que l’on aime, ce qu’on aura plaisir à revoir tel qu’on l’a laissé.
No man’s land, parenthèse, rien ici ne rattache, on pourrait filer ainsi, sans retour, mais pourtant tout nous pousse à repartir.
L’île est un tombeau ou une escale, une marque sur le trajet qui donne un sens à nos perspectives. La mienne s’appelait Maurice il y a encore une semaine, il y avait des gens, aimables, un temps qu’on ne voit pas ici en ce moment, un silence qu’une foule n’aurait pu abattre, un plaisir de savoir qu’on reviendrait, avec envie. Bon lundi!

Mélange des genres

marie

Pas besoin d’un blouson ni d’un ceinturon pour surfer sur l’ambiguïté…
Très drôle d’ailleurs d’observer l’attirance qu’on peut avoir pour un look quand on observe que celui ou celle qui l’incarne n’est pas du genre à se voir photoshopé pour le compte de Dolce&Gabbana, entendez le mannequin au format standard…

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Charlotte, enlevez moi de la poitrine, rajoutez un jean, virez ces talons, et les cheveux là, on fait quoi des cheveux, on coupe? Allez!
Et voilà que parfois déboulent comme ça des filles qui sautillent en repetto tout en arborant le bon carreau de la chemise du boyfriend!
C’est d’une certaine façon un nouveau genre! Non pas que le dérivé mode androgyne est spécialement récent mais nouveau dans le sens où qu’on le veuille ou non, on se représente une femme ainsi et un homme comme ça, alors quand on retrouve une fille qui joue avec les codes du gars, et un homme (tiens plus rare) qui fait sa lolita (bon j’exagère) on est perturbé.
Ce troisième genre, allez tentons l’appellation, interpelle. Et je peux dire qu’à coup sûr, si la chose est bien calculée, le look un brin réfléchi, l’allure un peu travaillée, c’est autant les yeux de rymel que les costumes trois pièces qui se retournent sur son passage…
Qui je vous le demande mesdames n’a jamais eu envie d’en finir avec cette queue de cheval, d’arborer la tenue plate (chaussure sans talons, jean sans forme, tshirt sans seins)? Qui, je vous le demande messieurs n’a pas eu la tentation de l’accessoire, la coupable envie d’un petit sac à main, voire l’appel du kohl un soir de rhum sous la boule à facettes?
Ce n’est pas pour autant que le look de la frontière joue sur une tendance, la fille garçon aime aussi les garçons et le monsieur très coquet n’a aucune raison de ne pas être super virile, non être à la frontière c’est juste savoir s’affranchir de ce petit “ça fait pas trop…?” et envoyer ses cheveux sur le carrelage du coiffeur en disant qu’au pire, ils repousseront!