NAST

March, 2009

Something’s missing

guillaume

 _ Mais tu lui as coupé le pied!

Pas “il est bien sapé”, “jolie lumière”, non, “tu lui as coupé le pied”!

_ Je te rassure, il n’a pas souffert.
_ Non mais la photo est bien.

Trop tard, je lui ai coupé le pied, c’est irrémédiable, le cliché boitera ainsi à l’infini avec comme seule béquille la considération de ceux qui voudront bien cliquer sur ce blog et des autres qui laisseront quand même un mot pour les infirmes.

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Ah le cadre! Pas facile d’en sortir! Dès que quelque chose ne sonne pas comme d’habitude, dès que la cafetière fait un drôle de bruit, dès que le briquet marque des signes de faiblesse, quelque chose cloche, quelque chose annonce la fin ou le raté.

Pourtant le hors champ comme disent les cinéastes, c’est intéressant, ça fait travailler l’imagination, que se passe t il en dehors de l’image?

_ Oui mais là on sait qu’il ne se passe rien, il manque un bout de son pied voila tout!
_ Oui ben certains ont fait carrière avec un seul oeil ou un seul bras et ça les a pas empêché de remplir des salles!
_ Oh là là ce que tu es susceptible!

Oui bon, peut être… Mais je l’aime bien celle là, plus que les autres, même si le pied manque.
J’aime les yeux baissés, le flou d’un “pas le temps”, les cheveux dans les yeux et le col mal ajusté.
Pas de style sans une approximation assumée! Alors oui il manque une case à celui là, il lui manque un cerveau à celle ci, un bouton à ma veste, un temps à la vie, des dents à ma concierge.
Il manque toujours quelque chose alors un pied, dans le fond…

_ Pas besoin d’en faire un post, il jouera plus à la marelle c’est tout.
_ J’ai envie de dire LOL!
_ Il te manque une dose d’auto dérision à toi…
_ Et toi une main dans ta gueule!
_ Toi une ceinture digne de ce nom!
_ Et toi un mojito! Je vais commander…

A chaque jour suffit son post

celine

1 jour / 1 jean, 1 jour / 1 paquet de clopes, 1 jour / 1 aller retour en rer, 1 jour / 1 roll de Starbucks, 1 jour / 1 post…
Et oui pour tout le monde, chaque jour revient invariablement un détail, une habitude, avec régularité.

Pourtant parfois ça déraille…
La semaine dernière, les choses se sont bousculées, talons pris dans la robe, lacets de baskets dans l’escalator, une course, une course, des remords, je n’ai pas eu le temps, je me suis dit “et si…?” puis “oh non!”.
Chaque jour ouvrir un œil, tendre le bras vers l’ordinateur, ça ne paraît pas difficile… Eh bien non, ça ne l’est pas, c’est vrai! 

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Mais rajoutez des heures de sommeil en moins, un rêve qui ne demande qu’à se poursuivre et puis… Oh! j’avais pas vu l’heure (!), de toute façon je ne peux…Han! Faut que je me magne, je suis en retard!!! 

Voila, c’est comme ça que ça se passe parfois le matin, comme la semaine dernière, avec mes mains volant au dessus de ma tête pour tenter tout en marchant de faire quelque chose de mes cheveux, puis la course s’arrête. Un doute: mon agenda! Chignon sur pause. 
Je l’ai laissé sur le bureau! 
Est-ce que je me souviens de l’adresse, est-ce que je me souviens de l’adresse? Je m’en souviens! Les pas reprennent et les mains retombent pour balancer le long de ma course.

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Soleil couvert, blafard, pluie, vent, nuit, puis le week end
Et zut, j’ai filé tout droit! Comme quand enfant, je courrais entre les draps séchant au vent sur les fils tendus dans le jardin. 
On ne voyait rien sur les côtés on laissait glisser derrière soi ses mains sur le tissu, le soleil venait frapper l’étoffe et tout cela nous éblouissait! Et lorsqu’on sortait du tunnel de broderie, on était au bout de l’étendoir et on entendait, “Sophie, ne touche pas le linge avec tes mains, il est en train de sécher!”. 
Et bien là c’est pareil, une course d’aveugle, deux jours sans trouver le temps de, “oui ça va, je sais!”.

Révélations

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Charmée, curieuse, déçue, il m’est parfois arrivé d’être tentée d’aller vers une veste, une paire de chaussures, un foulard “porté ainsi” et vers ce qui les portait.
Les apparences, ou comment emballer n’importe quoi pour créer autre chose…
Il y a cette distance entre ce que parfois l’on perçoit de quelqu’un et ce que l’on découvre vraiment, cette faculté qu’ont certain(e)s à amplifier leur aura par leur vêtement ou leur démarche, il y a ceux qu’on ne remarque pas au premier abord et qui révèlent quand on les regarde vraiment un charme incroyable.

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Du coup, je reviens parfois sur les lieux du flash. Je retrouve celles ou ceux qui m’ont remplie de satisfaction quand je les ai croisés pour la première fois et qui au fil des jours, de nos entrevues, ont amplifié encore le désir que j’ai d’aller vers eux.
En prenant les autres en photo, j’ai cette impression d’explorer.
Une fois chez moi, je les détaille, je les fais résonner et j’entends alors ce qu’ils ont bien voulu me donner sans que je m’en rende compte dans l’instant.
Souvent une photo révèle son éclat un temps après. Je pense aux bains de tirage qui laissent apparaître les clichés sur le papier, à l’heure où l’on est tous à regarder, dans l’instantané de notre écran, ce que donne la photo alors qu’on vient à peine de presser le déclencheur.

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Non, il faut donner du temps c’est sur, aller, revenir, revoir, et laisser opérer ce qui derrière la lumière perce parfois, le charme, l’intention, pour laisser le sujet se révéler.

Tatiana

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En général, slim et Way Farer, American Apparel et Spring Court, me revoient tout de suite au lycée, avec dans l’idée que lorsque cette mode sera à nouveau passée, notre jeunesse loockée jettera ses bracelets fluos.

Mais parfois, autour des fringues existe un univers et au-delà des clichés, un look 80′s trouve sur une personne sa place avec un naturel évident.

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Au coeur du 11ème, après avoir traversé une cour pavée remplie de verdure en pots, j’ai rejoint Tatiana pour m’installer sur son canapé.
Non Tatiana n’est pas psy, elle chante dans un groupe. Directe, elle s’intéresse aux autres et aime savoir ce qui les anime au quotidien.

Tasse de thé noir et cookies maison, j’avoue m’être facilement laissée aller à la discussion.

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Tout de suite très dense comme rencontre, mais à mesure que je la découvrais, la lumière elle, se faisait la malle, donc au détour d’une confidence, il a fallu faire vite.

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Entre deux clichés, des traits d’elle comme ça, des flashs de cette rencontre qui revenaient en la voyant prendre la pose.

Des polaroids collés au mur, par dizaine, tout un tas de petits “moi” récupérés de-ci delà, son visage, nature, des bandeaux pour ses cheveux et des robes, toujours vintage.

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Un air de guitare et un vent “outre-atlantique” pour cette chanteuse aux millions de disques, non pas encore, de chaussures, en tout cas.

Bye Bye Boston donc! Plus fraîche que Ben & Jerry’s, cette enfant folk respire au coeur de son groupe, une jeunesse spontanée et inspirée qui donne envie de l’écouter.