NAST

Photography by Sophie Arancio

vintage

Pendant ce temps là, aux Marquises…

celine

Vous connaissez celui qui a déjà fait (il dit “fait” hein), donc celui qui a déjà fait la Bolivie, enlève une mèche de ses yeux, le Chili, le Kenya…
Vous connaissez le couple qui a décidé de partir vivre en Argentine pour monter un affaire de location de voiliers pour les touristes, “hein chouchou, et puis si ça marche pas, on reviendra!”.

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Et vous connaissez bien sûr votre bonne copine, avec qui vous échangez un regard quand le gars revient en disant “c’était énorme, trop de rencontres, trop de générosité, quand tu reviens ici, t’hallucines! Mais dans quel pays on vit!!!???”.
A ces mots, dans votre tête deux possibilités, soit vous êtes total raccord et vous foncez chez Decath vous acheter une paire de pompes pour le trek qu’il repart faire au cambodge… Allez, laissez moi votre Iphone, vous seriez ridicule avec là bas!
Soit vous pensez à votre canapé, à la dernière série qui passe ce soir ou à ce livre sur la table de chevet dont tout le monde vous parle depuis des lustres et dont vous retardez l’ouverture sachant déjà que son histoire s’imprimera en vous à vie.

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Une étude a été réalisée et sur la totalité des lectrices et lecteurs de ce post, et en période de froid, comme en ce moment, seuls 4% partiraient pour le Cambodge!
Alors vous comprenez quand après une journée de marche dans Paris, l’idée de mon bain devient alors la meilleure des destinations, mon dernier roman, le meilleur des panoramas, et au fond d’une poche, l’idée d’un vrai voyage, ailleurs, une envie secrète…

Born to be wild

kenza

“C’est comme faire du vélo…”
J’y suis allé avec cette phrase en tête. 
Après tout j’en croise deux cent par jour, y a un panier pour mes petites affaires, il fait beau, et j’ai déjà fait du vélo. Là où certains disent “je sais faire du vélo quand même”, certaines comme moi, disent “j’ai déjà fait du vélo”, différence remarquable. 
Bref, allons y, ne pas se sous estimer!
Repérer une borne, ok. Oui bon ben j’attends, “allez y”… Des amis allemands! Et qui ne comprennent pas le français… Première phase, sourire compréhensif, “non non allez y, c’est normal vous n’êtes pas d’ici”.
Tic tac tic tac… Deuxième phase? “Vous avez besoin d’aide?”. Réponse d’orgueil masculin: Gunter ne veut pas perdre la face devant ses enfants et me renvoie derrière, il y a arrivera tout seul! Vexée, je saute direct à la troisième phase sans attendre une minute: ppppfffffff! Là, ils ont entendu que je m’impatientais et “gggggrrrrr” fait Gunter en rembarquant toute sa ptite famille vers la bouche de métro.
My turn, à nous deux mon vélib! 

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Abonnement courte durée, Pass Navigo? Euh… Je veux pas m’abonner moi. En même temps, j’ai pas de Navigo, bon soit, va pour la courte durée, j’aime bien le concept.
La carte bleue, allons y… Quoi! “150 euros! -Non mais c’est pour la caution madame!
-Mademoiselle! Je l’ai dit tout fort le 150 euros? -Oui. -Non mais je trouve ça un peu cher comme ballade.  -Non mais ils ne vous le débiteront pas. -Excuse moi je suis tendue, c’est idiot je n’ai fait de velib’ -Vous avez déjà fait du vélo? -Oui j’imagine que les deux se ressemblent, je vous remercie…”
(Gunter pardon, c’est pas évident ce truc là) 
Enfin le jeune aidant, j’ai pu après obtention de codes appuyer triomphalement sur le dévérouillage. Merci à toi mon ami pour m’avoir évité de prendre le seul vélo dont une roue était crevée. “Faut toujours vérifier les roues, les freins et la lumière… Oui bon, merci bien…”
A l’attaque. Ca y est, retour à l’enfance où je pédalais sur le chemin qui… Ah! Ca y est je me souviens, je faisais du vélo… en pantalons! Non mais ça va pas du tout là, je peux pas pédaler en jupe. 
Qu’est-ce qu’il a celui là, il a jamais vu Janny Longo?
Non franchement c’est pas jouable cette affaire. 
Je suis pas en baskets (pour une fois!), je suis en jupe et mine de rien rivoli, c’est un faux plat!
Je vais le déposer là, j’ai capté le truc y a une borne! “Oui ben je te coupe la route mais je dois déposer mon vélo! Et moi aussi je peux klaxonner! Enfin je peux sonner si je veux! Comment ça je suis ridicule?”
Ah téléphone… “Oui ben deux minutes, je peux pas conduire et répondre! Ok, ok, je traverse…”
“-Madame, s’il vous plaît! -Oh un uniforme! -Vous venez de franchir une ligne continue! -Ah non je dépose mon vélib! -Oui mais vous avez coupé la circulation et vous avez pris des risques”.
Je crois que je vais prendre la 1….

Monday Sample

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Tomber dans une boucle d’AIR dès le matin…
Tiens un post sur NAST. Où es tu à cette heure ci? Est il tard à New York, on lit NAST à New York comme à Compiègne. 
Il y a un rayon de soleil ici, le café est mauvais car j’ai perdu la cuillère doseuse.
“You’re my playground love”.

philippine

Je me demande où êtes vous petites derbys Louboutin, et sur quels pavés marchez vous mes zizi?
Je suis sur mon clavier pleine d’une sérénité nouvelle. Aucune idée de la provenance de cette énergie. Une nouvelle peau semble s’être découverte. La musique d’enveloppe a délicatement ôté ce qui hier alourdissait la marche.
Et dans l’immobilité de ce matin je sens que quelque soit le vêtement je flotterai dans l’AIR.
“You’re my playground love”.
Avez vous des projets pour la journée?
Pouvons nous nous retrouver? Prendrons nous un thé et aurais je assez de monnaie? 
Marcherai je pour faire une photo et trouver la fille de demain? La fille de demain, oui, elle est où la fille de demain?
Vous avez vu une fille demain? Avec des vêtements et un air détendu?
Il est tôt pour le moment. Tu lis mon message alors que l’encre a séché. Tu as tardé, mais qu’as tu dont fait, que fais tu d’ailleurs. Dites moi un peu plus des boucles que vous nourrissez au creux de vos agendas…
Que portez vous aujourd’hui, y-a-t-il un sac à votre bras? Un sac et une paire de chaussures qui à eux seuls cacheraient toute nudité.
“Extra time, on the ground, you’re my playground love…”
A tout à l’heure?

P.S.: y a plus de lait

Home? Run!

amadea

Faire la liste des achats pour le week end, penser au pique nique de dimanche, aller chercher les enfants à l’école, préparer la fête de ce soir et penser à faire un plan de table pour éviter à Jean et Marc de parler de politique.
Passer au pressing pour chercher ses chemises, payer la femme de ménage, appeler ma mère, reparler des vacances et éteindre la lumière.
Le jour se lève, inévitablement, avec le son de cette radio et le bruit de son rasoir.
Penser à ne pas écouter, laisser les enfants au lit et les emmener au parc cet après midi, appeler l’école pour prévenir de leur absence, pauvres trésors ils ont tous les deux 38 de fièvre.
Les confier à Marlène vers 16h et descendre l’avenue avec la carte bleue.
Passer à son bras les sacs griffés et prendre un thé avec une amie, penser à ce que cela serait si j’avais écouté il y a dix ans cette voix.
Souffle intérieur, chuchotement intime qui me disait que dans tout ce qui se dressait désormais face à moi, quelque chose clochait.
Pas de dressing enviable sans pièce convoitée, pas de lumière appréciable sans repos mérité, point de promenade reposante sans effort accompli, pas de plaisir sans indépendance.

amadea1

Penser à ne pas faire ce que ce rêve aux couleurs fifties m’a annoncé cette nuit. Me lever tôt et prendre mon café seule, en regardant le jour se lever au dehors.
Sortir avant lui et avant les autres d’ailleurs. Prendre mon vieil appareil photo et racheter une bobine comme disait mon grand père.
Prendre l’autobus en oubliant le métro, ne prendre qu’une photo, sur un coup de tête, pour un rayon, un sourire, pour une raison évidente qui m’échapperait.
Penser à oublier les enfants, le loyer, ne pas payer la femme de ménage qui n’existe pas et laisser les factures sur le meuble.
Tiens le 20ème arrondissement, tiens un café crème, tiens cet air que je n’ai pas sifflé depuis 10 ans. Tiens, ces mêmes quinze secondes que je mets à me rendre compte que je ne sais pas siffler.
Retrouver ma compagnie en laissant le monde sur répondeur.
Une personne, un s’il vous plaît, un clic clac, merci voici ma carte, je m’appelle Sophie Arancio, j’ai un blog dans lequel je publie des photos, vous y verrez la votre prochainement.
Bonne journée!